Clitoris : organe dédiabolisé grâce à l’impression 3D

En avril 2016, Odile Fillod, chercheuse indépendante en sociologie et vulgarisation scientifique, conçoit un modèle 3D du clitoris. Et chose surprenante, alors que nous sommes au XXIe siècle, c’est une première en France. Une démarche qui va clairement dans le sens de plus d’égalité entre les hommes et les femmes, mais qui va également dans le sens de l’éducation et même de la science.

Un organe connu seulement depuis 1998

Alors que l’anatomie de l’homme n’a plus de secret pour le corps médical depuis plusieurs dizaines d’années, il semble qu’il n’en pas soit pas de même de celle de la femme, tout du moins en ce qui concerne son clitoris.

C’est Matteo Realdo Colombo, médecin et chirurgien italien, qui le premier découvre le clitoris à l’époque de la Renaissance, en 1559. Un anatomiste allemand du nom de Kobelt s’intéresse également à cet organe, mais pratiquement trois cents ans plus tard, en 1844.

Et il faudra attendre 150 ans de plus, en 1998 pour que l’urologue Helen O’Connel de l’Université de Melbourne (Australie) s’y intéresse de nouveau avec tous les outils de la médecine moderne. En 2005, elle réalise la première résonance magnétique nucléaire du clitoris.
En 2008, pour la première fois, une échographie est réalisée.

C’est dire si cet organe érectile féminin ne déclenche pas d’hystérie dans la communauté scientifique.

Clitoris par Odile Buisson – Source http://carrefour-numerique.cite-sciences.fr/fablab/wiki/doku.php?id=projets%3Aclitoris

Un outil pédagogique pour briser les tabous

Trouver une représentation correcte d’un clitoris dans un manuel de 2nd cycle ou 3e cycle relève de la gageure, alors que c’est à ce moment que les collégiens et lycéens sont formés à l’éducation sexuelle.

Pour en finir avec les tabous sociétaux qui ont la peau dure, même en 2016, Odile Fillod, chercheuse indépendante en sociologie et vulgarisation scientifique, a décidé de concevoir une représentation en taille réelle de cet organe féminin en s’appuyant sur la technologie de l’impression 3D. L’objectif était de faire de cette représentation un modèle qui le plus fidèle possible à la réalité pour qu’il puisse servir par la suite d’outil pédagogique, en particulier lors des cours de SVT (Science et Vie de la Terre).

Le travail de documentation a demandé du temps car il a fallu effectuer au préalable des recherches dans les différentes parutions scientifiques. Problème, celles-ci ne s’accordaient pas toujours et fournissaient des données parfois divergentes, en particulier en ce qui concerne les dimensions du clitoris et des bulbes du vestibules. Des compromis ont été nécessaires parvenir à une modélisation la plus réaliste possible.
La technologie de l’impression 3D a ensuite permet de lui donner corps.

Toutefois, faute de temps, cette version est rigide. Dans un délai relativement court, il est donc envisagé la conception d’une nouvelle version, mais dans un matériau plus souple pour se rapprocher de la réalité. De même, Odile Fillod prévoit de créer, selon le même procédé, le bassin et le méat urinaire afin de visualiser la position du clitoris dans l’anatomie féminine.

S’il s’agit de la première modélisation en France, l’artiste et photographe new-yorkaise Sophia Wallace avait déjà réalisé en 2014 une sculpture réaliste du clitoris nommée Άδάμας (Unconquerable).

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